Suite du précédent article ou je commençais à exposer les raisons me poussant au départ.
Je poursuis, donc.
Mis à part la qualité de vie qui me semble bien pauvre à Paris, je dois bien admettre que les événements personnels de ces dernières années ont abouti à ce qu'aujourd'hui je me projette ailleurs
qu'à Paris.
Il est d'ailleurs assez "intéressant" si tant est qu'on puisse qualifier ainsi l'observation de ma propre vie, de voir à quel point tous les éléments semblent s'être enchaînés de manière
inéluctable, ou du moins logique.
Tout commence bien entendu le 10 août 2006 lors du décès de ma maman, suivi par le coma de mon papa un an après, le licenciement de mon travail de l'époque, la rutpure avec l'amour de ma vie, pour
que je me retrouve totalement seul et livré à moi-même.
Les épreuves s'étant succédées sans relache, je décidais alors de mettre en suspens mon parcours professionnel et la voie que j'avais choisie et dans laquelle j'officiais depuis 7 années.
J'ai dès lors perdu toute vie sociale à ce moment là, je pense.
Je gravitais dans un milieu qui me faisait fréquenter beaucoup de gens, et le fait de mettre en suspens cette activité m'a coupé littéralement de toutes ces personnes.
J'ai ensuite enchaîné avec l'Agence immobilière, me suis englouti dans le travail et me voilà aujourd'hui.
Dès lors, et c'est là ou je souhaite en venir, je n'ai plus aucune attache sociale ici.
A l'époque, j'avais une famille (même réduite), une nana, une activité, une vie sociale etc etc, mais tout cela a purement et simplement volé en éclats, et me voilà aujourd'hui à vivre de manière
bien autarcique et uniquement tourné vers le professionnel.
En gros, plus rien ne m'empêche aujourd'hui de partir, et si ce n'est mon père (qui reste une base fondamentale de ma vie), je n'ai plus de repère ici, plus d'attache, plus rien qui me
retienne.
Il est d'ailleurs intéressant de se demander si de manière plus ou moins consciente, le fait que je ne fasse strictement aucun effort pour me trouver une petite nana ici n'est pas une
façon pour moi de ne cultiver aucune attache justement, rien qui puisse me retenir de manière durable à Paris.
Il est en effet évident que si je me mets en couple, je ne pars plus, or c'est (le fait de rester ici) peut-être ce que je cherche à éviter à tout prix..
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La crainte de nombre de personnes, quant au fait de partir à l'étranger, est justement de se sentir étranger, déraciné.
Or, suite à ce qui vient d'être dit, il est évident que je n'ai déjà plus de racines puisque je me sens totalement détaché de ma vie ici, ayant perdu tous les repères qui constituent l'édifice de
la vie d'un homme.
En outre, je ne compte plus les articles ou je vous indique à quel point je me sens en décalage ici parmis les autres, à les voir s'agiter comme des fourmis sous mes yeux, à quel point je me sens
extérieur.
Dès lors, je n'ai aucune crainte à me sentir étranger sur une terre étrangère puisque ici même à Paris, je ressens une distance par rapport aux gens, par rapport à la vie.
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Pour beaucoup, le départ est une fuite, une fuite en avant peut-être, mais une fuite tout de même.
Je pense que cet argument trouve une certaine limitation dans la mesure ou de par mon expérience de vie et mon observation, nous fuyons tous quelque chose ou quelqu'un dans notre vie.
Cela se manifestera de bien des manières différentes : sex à outrance et absence de stabilité dans sa vie amoureuse, s'engouffrer dans le travail, dans le jeux, l'alcool, et tellement d'autres
comportements.
Alors oui, le fait de partir à l'étranger peut induire une forme de fuite également, et celle-ci sera plus ou moins pregnante en fonction des individus et de leur histoire personnelle.
Je n'ai pour ma part pas le sentiment de véritablement fuir quelque chose, mais plutôt de chercher quelque chose.
Certes, les partisans du "tu pars = tu fuis" ont beau jeu de dire que nous emportons nos soucis avec nous ou que nous allions et qu'aller à l'étranger n'est pas le remède miracle aux
soucis intérieurs que nous avons.
Je ne m'oppose nullement à cette affirmation et je pense que nous avons tous éprouvé à un moment de notre vie la fameuse phrase "un seul être vous manque et tout est dépeuplé", pour savoir
que ou que nous allions, si nous sommes malheureux nous le resterons.
Cela étant dit, je crois profondément que l'humain est considérablement influencé par son environnement, et que dès lors ce dernier joue un rôle important quant au développement d'un individu.
Cela ne signifie pas que si je suis malheureux à Paris, je serai forcément heureux à Rangoon, mais je demeure néanmoins persuadé que le fait d'être dans un environnement différent, pousse à une
certaine évolution, à un certain développement, à certaines remises en questions personnelles qui n'auraient peut-être pas eu lieu dans l'endroit d'origine.
D'une certaine façon, nous en revenons un peu au fameux conflit entre "l'inné et l'acquis" et dans quelle mesure l'un ou l'autre sont plus ou moins prépondérant chez l'individu.
Ma réponse je vous l'ai donnée : je pense que l'environnement joue un rôle majeur dans le développement (ou pas) d'un individu, nonobstant ce qu'il traverse intérieurement.
Pour en revenir à la fuite dans le départ, si je fuis quelque chose, ce serait d'avantage un cadre de vie, une qualité de vie qui ne me satisfont pas, que moi-même.
"L'herbe parait toujours plus verte à côté ", dit on et il y a du vrai là dedans, mais en tout état de cause je raisonnerai a contrario en vous disant que même si l'herbe à côté n'est pas
plus verte que celle que j'ai ici, et bien celle que j'ai ici ne me convient plus et j'ai envie de voir celle qui est à côté.
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Un autre motif de départ pour moi et qui est d'avantage une réflexion que j'ai eu dernièrement alors que je faisais le point sur ma vie.
Je me suis aperçu que mes instants de bonheur, les réels, ceux ou véritablement vous vous sentez heureux, en harmonie, avaient toujours été à l'étranger.
Je ne vais pas entrer dans les détails, les événements et moments précis de ma vie, mais juste faire état de cette réflexion bien troublante.
En d'autres termes, je n'ai vécu à Paris que pour des raisons pratiques, matérielles, mais que mes vrais et purs moments d'harmonie ont toujours eu lieu hors de France.
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Le bloggeur Teichi a eu une observation intéressante sous le précédent article consacré au Départ, en indiquant qu'au départ je cherchais dans le départ une sorte de danger, d'ou le choix porté sur
le Vénézuela, et qu'il semblait dès lors que mes motifs soient différents d'ou la baisse d'intérêt pour ce pays aujourd'hui.
Il y a du vrai là dedans.
Au départ, en fin d'année dernière et en janvier de cette année, je cherchais véritablement à oublier beaucop de choses, à mettre un terme à beaucoup de choses, et le fait que le Vénézuela soit un
haut pays à risque m'arrangeait totalement.
Peut-être une façon d'en terminer de manière indirecte car "monsieur le policier, si je me prends un coup de couteau à Caracas, c'est pas ma faute", et le résultat est le même.
Mon objectif majeur aujourd'hui, et qui comprend tous les motifs que j'ai pu lister dans ces deux premiers articles sur le Départ, est de trouver au contrare la PAIX.
Paix de l'âme, paix intérieure, cesser avec les ouragans de l'esprit et les voyages dans les bas fonds.
Juste aspirer à une certaine harmonie, quiétude, à défaut de pouvoir trouver le bonheur.
Et dans ce changement d'objectif vient peut-être d'être fait le plus grand voyage personnel, bien plus grand que tous ceux que je vais être amené à faire prochainement..
Moi aussi j'en peux plus d'ici mais je n'ai pas le courage de partir ! Comment comptes tu vivre a l'etranger ??? Très bon article en tout cas !
Commentaire n°1
posté par
Chlorophyl
le 27/06/2009 à 23h39
Je peux comprendre ton angoisse. Elle est partagée par de nombreuses personnes qui souhaitent partir. Je parlerai du "comment" dans un prochain article ;)
Commentaire n°2
posté par
Psycho
le 28/06/2009 à 15h29
Je suis vraiment heureux de ton nouveau état d'esprit. Je pense que c'est une très bonne idée de penser à partir ailleurs. Ca ne me semble en rien une fuite, bien au contraire. Tu as eu beaucoup d'histoire difficile ici et tu es en train de tourner la page. J'interprète ta volonté de départ comme une volonté de construire quelque chose. Tu ne fuis rien, tu cours après un idéal de vie. C'est vraiment génial parce qu'il y a une période pas si lointaine tu avais encore du mal à déterminer de nouveau objectif. Tu me semblais avoir beaucoup de mal à te projeter vers l'avenir. Même si tu n'es pas encore "heureux" aujourd'hui, ce qui me rassure c'est que je vois enfin de l'espoir et plus de résignation ni d'auto destruction. C'est le début d'une nouvelle histoire.
Puis entre nous, il y a une telle richesse dans ce monde et il est tellement plus accessible de voyager à notre époque que cela serait une belle erreur de ne pas en profiter.
En bref, fonce, une nouvelle vie t'attends là bas.
Commentaire n°3
posté par
Teichi
le 28/06/2009 à 20h28
Puis entre nous, il y a une telle richesse dans ce monde et il est tellement plus accessible de voyager à notre époque que cela serait une belle erreur de ne pas en profiter.
En bref, fonce, une nouvelle vie t'attends là bas.