Il faut dire que je ne m'étais pas forcément tenu à carreau durant mes dernières soirées (les articles sont sur ce blog), et que je peux comprendre qu'on ait pas nécessairement envie d'un "poil à
gratter" dès lors qu'on organise une soirée.
- Surtout je compte sur toi Angelo, pas de vague ok ? m'avait demandé John (on l'appellera comme ça).
J'étais pas forcément très chaud pour m'y rendre, puis me suis dit que je ne pouvais pas vivre comme un hermite en permanence non plus et que je devais bien donner un peu de social.
En même temps, ce n'était qu'un apéro destiné à ne pas finir trop tard, et non une grosse soirée.
J'arrive sur place, je sonne, au bout de quelques instants une nana vient m'ouvrir, genre pas mal mais pas top non plus :
- Tu dois être Angelo
- Célèbre avant l'heure ?
- C'est juste que tu es le dernier à arriver.. :)
- Oops..
- Entre.
J'entre, et en effet tout le monde semble être présent, qu'il s'agisse de personnes que je connais comme d'autres.
Je dirais à vue d'oeil que nous sommes une trentaine, je m'attendais à bien moins.
- Met toi à l'aise, sers toi un verre me glisse la nana qui m'a ouvert la porte.
Je vais au bar, me sers un gin ; John arrive :
- Hey Angelo, putain ça fait un bail ! Je pensais pas que tu viendrais.
- Moi non plus.
- Commence pas !
- Flippe pas, lol, je t'ai dit que je serais sage comme une image ce soir. Tiens, prends un verre !
Je lui sers un verre de Gin, on trinque et discute un peu.
John travaille dans une boite d'informatique, rien de transcendant mais ça lui suffit : il a pas des horaires trop chiants, a sa petite vie, ses potes, sa copine, ses 3 semaines de vacances en
août, tout ce que je ne veux pas même si c'est respectable en soi.
- Alors, tu t'es trouvé une poule ? me demande-t-il
- Nope.. Pas eu le temps de chercher.
- Pas eu le temps ou pas envie ?
- Surement un peu des deux.
- Et le taf ?
- Ca va, pas mal à faire.
J'ai pas trop envie de parler de moi, je bifurque sur lui, sa vie, sa nana (je vous épargne les détails de cette discussion dès lors sopporifique lol).
J'avoue que durant cette soirée je ne suis pas en mode radar. Il y a des nanas, mais je les vois à peine. Pas de grosse révélation pour moi, d'image féminine qui m'explose la tête.
La soirée se passe, je continue un peu à picoler, mais vraiment de manière très sage comparé à mes précédentes soirées ou à l'époque j'avais une tendance sur la boisson.
Plus tard dans la soirée, je me retrouve assis sur un sofa, on est plusieurs avec John, peut-être 6 ou 7 je pourrais pas dire.
La discussion tourne autour de l'été, ou chacun va aller et pour combien de temps.
J'avoue que j'écoute d'une oreille quelque peu distraite ce qui se dit lorsque je suis tiré de mes pensées par la harangue suivante :
- Alors Angelo, parait que tu veux te casser loin ?
Le gars je le connais plus ou moins, sans plus, d'avantage le pote d'un pote, on s'est croisés plusieurs fois, je m'en fous de lui, n'ai ni bonne ni mauvaise opinion le concernant.
Je regarde John et vois dans ses yeux une supplique pour que je ne me mette pas en mode cynique, ça part toujours en vrille.
Je me contente alors de répondre un banal :
- J'aimerais bien, oui (accompagné d'un sourire niais).
- Tu penses que ta vie sera plus intéressante qu'ici ?
Je regarde John une nouvelle fois et lui fais un sourire genre "désolé dude, il ne me laisse pas le choix", avant de répondre :
- Si j'ai à faire à moins de crétins qu'ici à Paris, il y a des chances, yup..
Silence glacial que s'empresse de rompre John en eaux :
- C'est sur qu'à Paris.. l'autre jour j'ai vu un vrai connard au cinéma, il arrêtait pas de parler durant le film.
Bref, tout le monde s'en fout de la remarque de John, et le gars me regarde avec un sourire et poursuit :
- Et qu'est ce que tu iras foutre ou que t'ailles ?
Sa question est clairement emprunte de mépris/défiance, mais c'est pas grave, c'est amusant en réalité, je suis cool, j'ai rien à prouver, je suis cool :
- Cultiver des patates, mater de belles filles sur la plage, jouer au nabab, glander, je sais pas encore quelle option choisir mais si tu as des suggestions je suis preneur :)
- Et tu penses que c'est aussi simple que ça ?
- Je t'enverrai une carte lorsque je serai sur place pour te le dire.
- C'est ridicule comme projet.
- Mais comme le ridicule ne tue pas, je le fais quand même :)
En réalité, je n'arrête pas d'agrémenter mes réponses par des sourires (d'ou les smileys à la fin de mes phrases), parce que je ne suis pas venu pour me prendre le chou, je suis cool à siroter mon
verre et n'ai pas envie de me polluer la soirée pour un mec que je ne reverrai surement pas avant une belle lurette.
A ce moment, le gars peut pas répondre grand chose, à chacun de ses pics je réponds tranquillement et en souriant, aussi lache-t-il l'affaire par un haussement d'épaules, et la conversation bascule
sur autre chose.
Un peu plus tard, je suis au bar, je grignotte quelques merdes au buffet quand une nana vient me voir ; elle était présente lors de la discussion.
- C'est vrai que tu penses quitter la France ?
- Oui, pourquoi, tu veux venir avec moi ?
Elle ne s'attendait à cette réponse, elle balbutie un truc, je la coupe immédiatement :
- je te taquine.
Elle sourit.
- Tu sais ou tu vas aller ?
- Non, et j'évite trop de me mettre la pression pour me dire "c'est là que je dois aller". Je verrai bien.
- C'est vrai que dit comme ça, ça semble irréaliste comme projet..
- Ce n'est pas parcequ'une chose est difficile qu'on ne la fait pas, mais c'est parce qu'on ne la fait pas qu'elle est difficile.
- Wow..
- Je t'arrête tout de suite, c'est pas de moi lol.
- Tu veux pas qu'on aille s'asseoir ? me propose t elle
- Un verre ?
- Ok, comme toi.
Je nous sers deux gins, et on va discuter.
Daphné (on l'appellera ainsi) est jeune journaliste. Elle bosse à la pige pour divers papelards. Elle est célibataire, vit à Paris dans un petit studio, part en vacances chez sa famille à La
Rochelle, et comme la plupart des gens après qu'on ait un peu gratté, révèle un ennui de sa vie et une envie de vivre autre chose, raison pour laquelle mon projet l'interpelle.
Elle est ni laide ni jolie, plutôt grande (1m75), fine, cheveux chatains, yeux bleus, pas mal fait.
Est ce que je sens qu'elle me drague ? Hmm.... non, pas vraiment en réalité, mais de toute façon pour ce genre de trucs j'ai toujours été nul, je suis plus aveugle qu'une taupe.
Je pense qu'on restera plus d'1h à discuter, d'elle, de sa vie, de ce qu'elle fait, de ses espoirs, en fait je fais tout pour la faire parler elle et je prends un malin plaisir à éluder toutes ses
questions.
- Je vais y aller, Daphné, je dois rentrer
- Déjà ? Il est même pas minuit !
- Je sais, mais je dois y aller. Ca m'a fait plaisir de discuter avec toi. Baisse pas les bras et fonce pour réaliser tes projets.
- Tu restes à Paris en juillet ?
- Hmm hmm.
- Si tu veux, on pourra continuer cette discussion ?
- Yup.
Elle me file son numéro et je vais retrouver John pour le saluer.
- Hey ben tu vois, y a pas de mort !
- T'y vas déjà Angelo ?
- Yep dude, merci pour l'invit'.
- Quand tu veux. Je refais une soirée dans pas longtemps, je compte sur toi.
- Ca marche, tiens moi au jus.
On se bise et je sors.
Il fait bon dehors, la soirée était plutôt agréable, rien de transcendant mais juste un moment cool, sans prise de tête.
Toujours le crétin de service mais bon, ça va, on a géré pour pas que ça parte en vrilles.
Ca m'a fait bizarre de me retrouver entouré de gens, depuis les dernières semaines je vis de manière plutôt solitaire, ça change.
Et Daphné ? Hmm... Je ne sais pas si je vais la rappeler. C'est plus le genre de rencontre de soirée à laquelle je ne pense plus le lendemain.
Je verrai bien dans les jours qui suivent si je ressens le besoin incompressible de la revoir (j'en doute).
Ma tête est déjà ailleurs, et j'ai plus le sentiment d' "expédier les affaires courantes" comme on dit en politique lors de la transition entre deux gouvernements : je gère ce que j'ai à gérer ici
mais suis déjà dans une dynamique de transition.
En conclusion, cette soirée était agréable, mais a en quelque sorte consolidé mon envie d'être ailleurs.
Il est des moments dans la vie ou l'on se lasse de voir les mêmes têtes, ou de vivre et revivre les mêmes situations.
J'ai besoin de neuf, de surprises, d'inattendu, et ce n'est pas à Paris que je trouverai tout cela.